Jamestown est un shoot ’em up à défilement vertical situé sur une version de Mars où les forces coloniales britanniques et espagnoles affrontent les Martiens. Vous et jusqu’à trois amis pilotez de petits vaisseaux steampunk sur le même écran, éliminez des vagues d’ennemis et avancez vers un boss à la fin de chaque niveau. La campagne du jeu original compte cinq niveaux. Son pixel art coloré et sa musique orchestrale retrouvent le rythme classique de l’arcade : avancer dans un mur de tirs. Ses mécaniques coopératives donnent toutefois à toute l’équipe des moyens de se relever et de faire grimper le score ensemble.
Une colonie perdue sur un Mars bien étrange
Le jeu transforme l’époque des premières colonies en aventure de science-fiction. Walter Raleigh arrive sur Mars pour laver son nom, puis se retrouve mêlé à un conflit autour de Roanoke, la colonie perdue, et d’une alliance hispano-martienne. De courtes scènes racontent l’histoire entre les missions. Elles donnent aux niveaux un fil narratif léger et mettent en scène une galerie d’ennemis excentriques. Mais l’action reste au premier plan : vous progressez vers le haut, abattez des vagues d’ennemis, ramassez les pièces de laiton qu’ils laissent derrière eux et survivez au boss.
Chaque niveau a ses décors et ses schémas d’attaque. Une séquence peut opposer de petits vaisseaux et des batteries au sol dans une frontière poussiéreuse ; plus tard, de grosses machines, des créatures étranges et de larges éventails de projectiles remplissent l’écran. Le pixel art réalisé à la main permet de repérer les dangers malgré le chaos. Les tirs ennemis lumineux et les boss gigantesques donnent à chaque rencontre des airs de borne d’arcade. La musique orchestrale de Francisco Cerda donne à l’aventure martienne une ampleur presque cinématographique.
La campagne se compose de cinq niveaux conséquents, plutôt que d’une seule carte continue. Vous choisissez un niveau, traversez ses vagues d’ennemis et affrontez un boss dont les attaques exigent de surveiller l’écran aussi attentivement que les ennemis ordinaires. L’histoire donne une destination à ces combats, mais nul besoin de suivre une intrigue compliquée : Raleigh et ses alliés traversent un Mars hostile pour découvrir le sort de Roanoke et arrêter le Conquistador.
Quatre vaisseaux pour couvrir l’écran de différentes façons
Au début, vous disposez du vaisseau Beam. Vous pouvez ensuite débloquer trois autres appareils avec les crédits gagnés en jouant. Chacun possède un tir principal et une attaque spéciale ; le choix du vaisseau change donc la manière dont vous couvrez l’écran. Beam disperse ses projectiles sur une large zone et peut concentrer un puissant rayon sur une seule cible. Gunner redirige ses tirs secondaires pour attaquer en biais. Charge accumule de l’énergie avant de libérer un projectile. Bomber transforme un flot de tirs en une série d’explosions retardées.
Il ne s’agit pas de classes avec des rôles imposés, mais de différentes façons d’aborder les mêmes niveaux. Beam couvre une large ligne, une attaque dirigée atteint les ennemis qui dérivent sur les côtés et une arme chargée ou bien synchronisée inflige de lourds dégâts à une cible résistante. Ces différences comptent davantage quand les vagues deviennent plus denses et que les ouvertures d’un boss ne durent qu’un instant. Vos amis apportent leurs propres schémas de tir sur le même écran, tout en pilotant et en tirant indépendamment.
Le jeu original propose quatre vaisseaux de base. L’extension distincte Gunpowder, Treason, & Plot en ajoute trois. Jamestown+ est une autre édition, qui comprend deux niveaux supplémentaires et davantage de vaisseaux. Ces niveaux et vaisseaux ne font pas partie du jeu original décrit ici.
Chaque joueur peut utiliser un clavier, une souris ou une manette. Le jeu accepte les combinaisons de périphériques, ainsi que plusieurs claviers ou souris. Avec la souris, vous dirigez le vaisseau en pointant vers un endroit de l’écran, au lieu de le déplacer directement avec le curseur. Certains préféreront la réponse plus familière du clavier ou de la manette. Les manettes sont entièrement prises en charge et les commandes peuvent être remappées. Chaque pilote a besoin d’un périphérique distinct ou d’un schéma de commandes attribué ; pour jouer à quatre, mieux vaut donc disposer d’assez de manettes ou de claviers.
Vaunt transforme la défense en course au score
Les ennemis vaincus laissent des rouages et des engrenages dorés. En les ramassant, vous remplissez la jauge Vaunt de votre vaisseau. Une fois pleine, vous pouvez activer Vaunt : un bouclier temporaire annule de nombreux tirs, renforce vos armes et multiplie votre score. Ramasser davantage d’or pendant son activation prolonge l’effet. En continuant à récupérer ces objets, vous pouvez transformer une brève protection en une longue période de tirs renforcés.
Toute l’équipe évolue sur le même écran à défilement vertical ; chaque vaisseau n’a ni caméra ni couloir séparé. Les formations ennemies, attaques des boss et pièces d’or apparaissent au même endroit pour tout le monde. À quatre, l’écran peut vite devenir un enchevêtrement de vaisseaux et de projectiles. Cette vue partagée permet de voir d’un coup d’œil qui vole encore, où les boucliers Vaunt sont actifs et si une résurrection est à portée.
Le bouclier donne à la coopération un autre rythme que celui d’un jeu de tir à vies partagées. Si un pilote est touché, les autres continuent pendant qu’il attend son retour après un délai. Certains ennemis plus puissants et certains boss peuvent aussi laisser des objets de résurrection. Leur effet dépend de la difficulté : dans les réglages les plus accessibles, un objet peut faire revenir toute l’équipe ; dans les niveaux plus élevés, le sauvetage est plus limité. Un pilote encore en jeu peut ainsi sauver la partie, et le groupe peut revenir ensemble au lieu de perdre le niveau dès que plusieurs vaisseaux sont détruits.
Vaunt relie aussi l’équipe par le score. L’or ramassé remplit la jauge de chaque joueur ; le multiplicateur augmente quand plusieurs vaisseaux sont simultanément sous Vaunt. Le système récompense donc à la fois l’utilisation du bouclier pour survivre et la prolongation de son effet grâce aux objets ramassés. Un boss peut passer d’esquives frénétiques à une brève salve de tirs renforcés avec un multiplicateur élevé, puis au retour des manœuvres lorsque les jauges se vident.
Vous ne disposez pas d’un stock classique de bombes pour effacer les tirs de l’écran à volonté. Vaunt sert plutôt de principal bouclier d’urgence et de moteur au système de score. Certains ennemis laissent aussi plus d’or si vous les touchez pendant une fenêtre d’attaque précise. Vous avez alors intérêt à observer leur comportement plutôt qu’à tirer toujours de la même manière. L’action reste immédiate et arcade, tandis que le score prend davantage d’importance quand vous rejouez un niveau et apprenez à choisir le bon moment pour chaque arme.
Difficulté et niveaux à rejouer
Les réglages de difficulté rendent la même boucle plus ou moins exigeante. Les formations ennemies deviennent plus dangereuses, les projectiles suivent des trajectoires plus serrées et les boss laissent moins de marge avant de vous envoyer dans la mauvaise ligne de tir. Les résurrections donnent un peu de répit au groupe, mais ne rendent pas les boss des derniers niveaux anodins. Jamestown peut servir de porte d’entrée au shoot ’em up ; ses difficultés supérieures s’adressent toutefois aux joueurs qui veulent reconnaître les attaques et améliorer leur score au fil des tentatives.
Vous progressez en gagnant des crédits, en débloquant des vaisseaux et des défis, puis en ouvrant davantage de niveaux de campagne et de difficultés. Les niveaux suivants restent verrouillés tant que vous n’avez pas avancé dans les précédents. Pour terminer la campagne originale, vous devrez donc parfois rejouer des niveaux familiers à une difficulté plus élevée. Le jeu met davantage l’accent sur l’amélioration de vos parties que sur le fait de cocher chaque chapitre une seule fois. Si votre groupe cherche une campagne scénarisée qui avance sans répétition, ce système de déblocage peut sembler long.
Il reste du contenu après l’ouverture des niveaux principaux. Le jeu original comprend plus de vingt niveaux bonus. Ces défis demandent, par exemple, d’atteindre un score cible ou de survivre à un passage dangereux. Le mode Gauntlet enchaîne les cinq niveaux de campagne pour une longue partie avec un nombre limité de continues. Le mode Farce change le ton des scènes de l’histoire, tandis que les classements en ligne donnent aux groupes qui visent le score une raison de rejouer un niveau dont ils connaissent déjà le parcours.
Le jeu se prête donc davantage à de courtes sessions répétées qu’à une longue campagne avec des personnages qui progressent durablement en équipe. Les vaisseaux à débloquer et les difficultés verrouillées donnent un sentiment de progression, mais l’essentiel de la variété vient du choix d’un autre vaisseau, d’un niveau plus difficile ou d’une nouvelle tentative pour battre votre score. La campagne principale est compacte. Les groupes qui souhaitent une grande variété de cartes pourraient en vouloir davantage ; les défis et le mode Gauntlet prolongent surtout la formule arcade du jeu original.
À qui s’adresse le jeu en groupe ?
Jamestown propose un mode coopératif local pour un à quatre joueurs sur le même écran. Il n’a pas de salon en ligne intégré. Sur Steam, Remote Play Together permet à l’hôte de diffuser sa session locale à des amis qui la rejoignent à distance. Le jeu conserve alors son écran commun à tous, et l’hôte doit posséder le jeu et le lancer. Jamestown ne fournit ni matchmaking en ligne séparé ni mode coopératif hébergé indépendamment.
C’est donc un bon choix pour des amis réunis dans la même pièce, ou pour un groupe à l’aise avec le jeu local diffusé via Steam. Jamestown donne le meilleur de lui-même si vous aimez les shoot ’em up d’arcade, l’action sur écran commun et les petits sauvetages ou activations synchronisées de Vaunt pendant un boss mouvementé. Si vos amis cherchent une longue campagne scénarisée, une progression de personnages distincte ou un mode coopératif en ligne natif avec des salons séparés, la liste compacte de niveaux et la conception axée sur le jeu local risquent de moins leur convenir.